Lierre | Hedera helix L.

Lierre – Je ne te lâche plus
Les apparences sont trompeuses… Beaucoup le considèrent comme une liane parasite qui tue les arbres en les étouffant, pourtant le lierre grimpant (Hedera helix L.) se suffit à lui-même et ne prend l’énergie de personne si ce n’est celle du soleil pour réaliser sa photosynthèse. Son seul défaut est de ne pas pouvoir s’élever tout seul vers la lumière, il a besoin d’un appui. Quand il trouve son support, c’est pour toujours, et comme il vit très longtemps, l’arbre auquel il s’est attaché meurt souvent avant lui. Alors non, le lierre n’est pas un tueur, il symbolise au contraire la fidélité et l’attachement éternel, restant lié à celui qu’il a choisi jusqu’à la fin.
Et ce n’est pas tout. Il existe une organisation étonnante entre les deux. Aux beaux jours, quand la plupart des végétaux sont en pleine croissance, le lierre est au repos, il laisse à son arbre support le temps de fleurir et d’assurer sa pollinisation sans le gêner ni entrer en compétition avec lui. A l’automne, quand son compagnon perd ses feuilles et commence à se reposer, alors il se réveille et utilise à son tour les ressources en eau et en nutriments dont il a besoin pour fleurir et se développer. Comme un partage de l’espace et des ressources dans le temps pour un fonctionnement optimal des deux organismes.
Le feuillage du lierre est persistant, il peut donc servir d’abri et de lieu d’hibernation à de nombreuses espèces d’insectes, oiseaux, écureuils et autres animaux tout l’hiver. Ses fleurs jaunâtres et regroupées en ombelles sont riches en nectar, pour le plaisir des abeilles quand les ressources se font plus rares en fin de saison. A maturité ses fruits charnus deviennent bleu-noir. Le lierre peut se développer jusqu’à 30 mètres de long. Il s’agrippe grâce à des crampons qui lui permettent d’adhérer à tous types de troncs. Quand il entre en contact avec son support, des milliers de radicelles se forment, au bout desquelles des poils sécrètent une colle efficace constituée de polysaccharides. Les baies du lierre permettaient autrefois de se teindre les cheveux en noir et les druides préparaient des décoctions pour soigner les troubles respiratoires.
Le lierre contient des substances actives remarquables mais on l’utilise aujourd’hui avec précaution car la plupart sont toxiques. Les feuilles entrent dans la composition de préparations spasmolytique et expectorantes pour traiter la bronchite. Ces propriétés sont liées à la présence de saponosides, molécules mucolytiques capables de fluidifier les sécrétions, comme l’α-hédérine. Les saponines ont cependant une action irritante sur les muqueuses digestives. Elles ont aussi la propriété de mousser dans l’eau, c’est pourquoi on trouve des extraits de lierre en cosmétique dans certaines lotions pour les cheveux. Les tiges et les fruits du lierre contiennent d’autres jolies molécules comme le falcarinol appartenant à la famille des polyines, mais celles-ci ont des effets allergisants.
Hedera helix L. (Araliaceae)
